Maladies de la tomate en photos : le guide d’identification

Des feuilles tachĂ©es, un duvet blanc au revers, des fruits qui noircissent ou un plant qui s’affaisse : les symptĂŽmes de la tomate se ressemblent parfois, alors que leurs causes et les rĂ©ponses Ă  apporter diffĂšrent nettement. Une photo aide Ă  comparer les signes visibles, mais elle ne remplace pas l’observation de la plante entiĂšre, de la mĂ©tĂ©o rĂ©cente et de l’évolution des dĂ©gĂąts. Le premier rĂ©flexe utile consiste donc Ă  dĂ©crire prĂ©cisĂ©ment ce qui change, plutĂŽt qu’à appliquer immĂ©diatement un traitement au hasard. 🍅

Dans un potager familial, une tache sombre sur un fruit peut faire penser au mildiou, alors qu’une marque sĂšche situĂ©e Ă  l’extrĂ©mitĂ© opposĂ©e au pĂ©doncule Ă©voque plutĂŽt la pourriture apicale, un trouble physiologique non contagieux. MĂȘme prudence devant des feuilles jaunes : une maladie, un ravageur, un arrosage irrĂ©gulier ou une carence peuvent produire des effets voisins. Ce guide d’identification des maladies s’appuie sur des repĂšres visuels, des gestes de vĂ©rification et des mesures de prĂ©vention pour aider Ă  rĂ©agir avec mĂ©thode, sans confondre urgence et simple stress passager.

En bref

  • 🔎 Examinez les feuilles, les tiges et les fruits, ainsi que la face infĂ©rieure du feuillage.
  • đŸŒŠïž Reliez les symptĂŽmes Ă  la mĂ©tĂ©o : humiditĂ© persistante, chaleur sĂšche ou alternance de fortes pluies et de sĂ©cheresse.
  • 🍃 Comparez la forme des taches foliaires : cercles concentriques, petits points nombreux ou plages huileuses n’indiquent pas le mĂȘme problĂšme.
  • 🚿 Arrosez au pied et rĂ©guliĂšrement ; l’eau et les Ă©claboussures peuvent favoriser certains problĂšmes.
  • đŸ§€ Retirez les tissus atteints avec des outils propres et vĂ©rifiez toujours les rĂšgles d’emploi des produits utilisĂ©s.

Comment identifier une maladie de la tomate Ă  partir des symptĂŽmes ?

Une photo isolĂ©e montre un dĂ©tail, mais le diagnostic commence par une vue d’ensemble. RepĂ©rez d’abord la partie touchĂ©e : les premiĂšres feuilles du bas, les jeunes pousses, une tige, ou seulement un fruit. Une atteinte qui remonte progressivement depuis le sol ne raconte pas la mĂȘme histoire qu’une dĂ©formation limitĂ©e au sommet du plant. Notez aussi la vitesse d’évolution : certains problĂšmes avancent rapidement aprĂšs plusieurs jours humides, tandis que d’autres s’installent lentement.

Pour obtenir des photos de maladies vraiment utiles Ă  la comparaison, prenez plusieurs clichĂ©s Ă  la lumiĂšre du jour : un plant entier, une feuille atteinte sur ses deux faces et, si nĂ©cessaire, le fruit avec son pĂ©doncule visible. Évitez les filtres, les ombres marquĂ©es et les images prises de trop prĂšs sans repĂšre de taille. Une rĂšgle ou une piĂšce placĂ©e Ă  cĂŽtĂ© d’une tache donne une indication simple sur son diamĂštre. Au jardin, le tĂ©lĂ©phone devient alors un carnet de suivi, plutĂŽt qu’une machine Ă  dĂ©cider seule.

La mĂ©tĂ©o apporte un indice souvent dĂ©cisif. Des pluies rĂ©pĂ©tĂ©es, une rosĂ©e persistante et un feuillage qui sĂšche mal favorisent notamment le mildiou de la tomate et la septoriose. Un temps chaud et sec peut, lui, correspondre Ă  l’oĂŻdium de la tomate ou Ă  une pullulation d’acariens. Ces tendances ne suffisent pas Ă  confirmer une cause, mais elles permettent de formuler une hypothĂšse plus solide que la simple couleur d’une feuille.

Un exemple concret : dans le potager de Nadia, les feuilles basses jaunissent aprĂšs une semaine de pluie. Elle observe de nombreux petits points bruns et retire une feuille pour l’examiner de prĂšs. La taille des taches, leur rĂ©partition et leur position sur le plant orientent davantage vers la septoriose que vers l’alternariose, qui dessine souvent des marques plus grandes, en cible. Le temps humide rend cette piste plausible, sans constituer Ă  lui seul une preuve.

Avant de traiter, vĂ©rifiez aussi les causes non infectieuses : sol dĂ©trempĂ©, manque d’eau, racines abĂźmĂ©es, excĂšs d’engrais ou coup de soleil. Des feuilles enroulĂ©es vers le haut pendant une canicule peuvent traduire un stress rĂ©versible, surtout si elles restent vertes et fermes. À l’inverse, de jeunes feuilles dĂ©formĂ©es, marbrĂ©es et accompagnĂ©es d’un dĂ©veloppement anormal doivent conduire Ă  examiner l’hypothĂšse d’un virus ou d’un ravageur.

🔍 Signe observĂ© đŸŒ± Piste Ă  examiner ✅ VĂ©rification utile
Plages brunes irréguliÚres et aspect huileux Mildiou Inspecter le revers aprÚs une période humide
Taches rondes en cercles concentriques Alternariose Observer si les feuilles basses sont d’abord atteintes
Petits points bruns nombreux Septoriose Comparer la taille des marques et le jaunissement
Poudre blanche en surface OĂŻdium VĂ©rifier qu’il s’agit d’un feutrage sur la feuille
Marque noire sĂšche au bout du fruit Pourriture apicale Examiner l’extrĂ©mitĂ© opposĂ©e au pĂ©doncule

Un diagnostic visuel reste une estimation, particuliĂšrement pour les maladies vasculaires et les viroses, dont les symptĂŽmes peuvent se chevaucher. Si plusieurs plants dĂ©pĂ©rissent ou si l’atteinte progresse malgrĂ© des conditions corrigĂ©es, un avis horticole ou agronomique permet d’éviter une intervention inutile. L’identification devient fiable quand image, emplacement, mĂ©tĂ©o et Ă©volution racontent la mĂȘme histoire.

Quelles maladies fongiques reconnaĂźtre sur les feuilles et les fruits ?

Le mildiou est l’un des problĂšmes les plus redoutĂ©s lorsque l’humiditĂ© s’installe. Sur les feuilles, il provoque des plages irrĂ©guliĂšres, brunes Ă  verdĂątres, parfois d’aspect huileux ; par temps humide, un duvet clair peut apparaĂźtre au revers. Les tiges peuvent porter des lĂ©sions brunĂątres, et les fruits prĂ©senter des zones fermes, marbrĂ©es et brunes. Une Ă©volution rapide aprĂšs des pluies douces mĂ©rite une surveillance rapprochĂ©e : attendre plusieurs semaines peut laisser le temps Ă  l’atteinte de gagner une grande partie du plant.

Le geste immĂ©diat consiste Ă  retirer les parties nettement touchĂ©es lorsque le feuillage est sec, sans les dĂ©poser dans un compost domestique mal maĂźtrisĂ©. Évitez l’arrosage par aspersion et amĂ©liorez la circulation de l’air entre les plants. Une coupe propre, suivie du nettoyage des outils, limite les manipulations Ă  risque. Les produits phytosanitaires ne doivent pas ĂȘtre choisis sur la seule base d’une recette trouvĂ©e en ligne : leur autorisation, leur usage sur tomate et les instructions de l’étiquette priment toujours.

L’alternariose, souvent appelĂ©e tache prĂ©coce, se distingue par ses marques brunes en cercles concentriques, comme une petite cible, frĂ©quemment entourĂ©es d’un halo jaune. Elle commence souvent sur les feuilles les plus ĂągĂ©es, Ă  la base, puis progresse vers le haut. Des fruits peuvent Ă©galement porter une tache sombre et dĂ©primĂ©e prĂšs du pĂ©doncule. Chaleur, humiditĂ© et plants affaiblis crĂ©ent un contexte favorable ; retirer tĂŽt les feuilles atteintes est plus judicieux que d’attendre que chaque Ă©tage soit marquĂ©.

La septoriose produit gĂ©nĂ©ralement une multitude de petits points bruns sur les feuilles basses, qui jaunissent et sĂšchent. Une loupe peut rĂ©vĂ©ler de minuscules points noirs au centre de certaines lĂ©sions. À la diffĂ©rence du mildiou, les fruits sont le plus souvent Ă©pargnĂ©s. La dĂ©foliation demeure toutefois prĂ©occupante : les tomates exposĂ©es brutalement au soleil risquent des brĂ»lures, et la plante perd des feuilles qui contribuent Ă  nourrir les fruits. Il faut donc enlever les tissus malades sans dĂ©pouiller tout le plant.

La poudre blanche de l’oĂŻdium de la tomate apparaĂźt en surface, contrairement au duvet associĂ© au mildiou, souvent visible sous une feuille lorsque l’humiditĂ© est prĂ©sente. L’aĂ©ration, un espacement suffisant et un arrosage au pied rĂ©duisent les conditions favorables. L’oĂŻdium peut affaiblir le feuillage et rĂ©duire la vigueur, mais une poudre blanche ne justifie pas automatiquement un traitement : contrĂŽlez sa localisation et son Ă©volution. Le bicarbonate, souvent prĂ©sentĂ© comme solution universelle, ne soigne pas le mildiou ; ces affections n’ont ni le mĂȘme aspect ni la mĂȘme biologie.

Des taches brunes accompagnĂ©es d’une moisissure grise peuvent aussi Ă©voquer la pourriture grise, surtout dans une culture dense et humide. Des marques jaunes au-dessus de feuilles portant un feutrage sombre au revers peuvent orienter vers la cladosporiose. Ces symptĂŽmes demandent une inspection complĂšte et, en cas d’incertitude, l’avis d’un spĂ©cialiste. Pour ceux qui envisagent un produit Ă  base de cuivre, le dosage ne s’improvise pas : les conditions d’emploi et la rĂ©glementation sont dĂ©taillĂ©es dans ce guide sur la bouillie bordelaise sur les tomates.

Un repĂšre pratique aide Ă  ne pas tout mĂ©langer : cible brune pour l’alternariose, petites ponctuations pour la septoriose, taches irrĂ©guliĂšres et huileuses pour le mildiou, feutrage blanc en surface pour l’oĂŻdium. La forme des lĂ©sions vaut souvent davantage qu’une impression gĂ©nĂ©rale de « feuille malade ».

Pourquoi les fruits noircissent-ils ou les plants flétrissent-ils ?

Une tomate marquĂ©e de noir n’est pas forcĂ©ment attaquĂ©e par un champignon. La pourriture apicale, appelĂ©e aussi nĂ©crose apicale ou « cul noir », forme une zone brun-noir Ă  l’extrĂ©mitĂ© du fruit opposĂ©e au pĂ©doncule. La lĂ©sion est souvent sĂšche, plate ou lĂ©gĂšrement enfoncĂ©e, et peut devenir liĂ©geuse. Ce trouble physiologique n’est pas contagieux : aucun fongicide ne peut corriger sa cause principale, liĂ©e Ă  un acheminement insuffisant du calcium vers le fruit en dĂ©veloppement.

Le problĂšme apparaĂźt frĂ©quemment quand l’humiditĂ© du sol varie fortement. Une longue pĂ©riode sĂšche suivie d’un arrosage massif peut perturber l’absorption et le transport de l’eau et des Ă©lĂ©ments minĂ©raux. Stabilisez l’arrosage, paillez le sol pour limiter les Ă©carts et Ă©vitez de laisser les racines alterner entre sĂ©cheresse et saturation. Ajouter du calcium sans vĂ©rifier le sol ne rĂšgle pas nĂ©cessairement la situation ; l’approvisionnement rĂ©gulier en eau est souvent le levier dĂ©terminant.

Les fruits qui se fendent posent une autre question. AprĂšs une pĂ©riode sĂšche, une pluie abondante peut faire gonfler rapidement la tomate alors que sa peau ne suit pas le rythme. Les craquelures ne sont pas, en elles-mĂȘmes, une maladie, mais elles ouvrent une porte aux moisissures et aux pourritures. RĂ©coltez rapidement les fruits mĂ»rs ou fendus et gardez une humiditĂ© du sol plus stable. Pour choisir une variĂ©tĂ© adaptĂ©e au potager, les caractĂ©ristiques d’une tomate comme la Rose de Berne peuvent ĂȘtre comparĂ©es avec celles d’autres cultivars, sans supposer qu’une variĂ©tĂ© sera immunisĂ©e contre tous les problĂšmes.

Le flĂ©trissement mĂ©rite une vĂ©rification mĂ©thodique. Si un plant semble fanĂ©, contrĂŽlez d’abord l’humiditĂ© Ă  plusieurs centimĂštres de profondeur : une surface sĂšche ne signifie pas toujours que toute la motte manque d’eau. Si le sol est frais, mais que la plante reste flĂ©trie et jaunit, surtout d’un seul cĂŽtĂ©, une maladie vasculaire comme la fusariose ou la verticilliose peut ĂȘtre en cause. Une coupe de tige peut rĂ©vĂ©ler un brunissement des vaisseaux, mais elle ne distingue pas Ă  elle seule les agents responsables.

Dans cette situation, Ă©vitez de dĂ©placer de la terre ou des dĂ©bris vers les autres planches. Si le dĂ©pĂ©rissement persiste et que le diagnostic paraĂźt sĂ©rieux, retirez le plant atteint avec prĂ©caution, nettoyez les outils et ne replantez pas aussitĂŽt une tomate au mĂȘme endroit. Une rotation avec des cultures non apparentĂ©es rĂ©duit certains risques, sans garantir l’éradication de pathogĂšnes capables de survivre dans le sol.

Les viroses, elles, peuvent provoquer des feuilles marbrĂ©es de vert clair et foncĂ©, gaufrĂ©es, enroulĂ©es ou dĂ©formĂ©es, ainsi qu’un ralentissement de la croissance. Le virus de la tomate ne se traite pas avec un fongicide ; certaines viroses se transmettent par contact, d’autres par des insectes vecteurs. Distinguer une vraie mosaĂŻque d’un enroulement physiologique liĂ© Ă  la chaleur demande d’observer les jeunes pousses et l’évolution sur plusieurs jours. En cas de suspicion, l’hygiĂšne des mains et des outils est essentielle, et les graines d’un plant atteint ne doivent pas ĂȘtre conservĂ©es.

Au fond, la marque du fruit et le port du plant racontent des histoires diffĂ©rentes : une nĂ©crose apicale appelle une rĂ©gularitĂ© d’arrosage, tandis qu’un flĂ©trissement persistant avec vaisseaux brunis demande une prudence sanitaire renforcĂ©e.

Comment distinguer maladies, ravageurs et stress de culture ?

Les ravageurs laissent souvent des indices matĂ©riels. Des colonies de pucerons se regroupent sur les jeunes pousses et sous les feuilles ; elles peuvent provoquer des dĂ©formations et produire un miellat collant, parfois visitĂ© par des fourmis. Les aleurodes s’envolent en petit nuage lorsqu’on remue le feuillage, puis se reposent au revers. Des ponctuations pĂąles et de fines toiles Ă©voquent plutĂŽt des acariens, favorisĂ©s par la chaleur sĂšche. Dans tous les cas, regardez sous les feuilles : la face supĂ©rieure ne montre pas toujours l’origine du dommage.

Les thrips, minuscules et rapides, peuvent laisser des traces argentĂ©es ou blanchĂątres et participer Ă  la transmission de certaines viroses. Les chenilles, notamment celles de la mineuse Tuta absoluta, creusent des galeries dans les feuilles, les tiges ou les fruits. Des tunnels sinueux et translucides dans une feuille ne ressemblent pas aux taches rondes d’un champignon. Les piĂšges de surveillance et l’examen rĂ©gulier des plants aident Ă  dĂ©tecter ces ravageurs avant qu’ils ne se multiplient.

Pour les mineuses, retirez les feuilles portant des galeries nombreuses et surveillez les plants voisins. Face aux chenilles, une identification correcte est importante avant d’agir : des produits biologiques comme Bacillus thuringiensis ciblent certaines larves, mais leur efficacitĂ© dĂ©pend du ravageur, du stade et de l’application conforme Ă  l’étiquette. Le contrĂŽle manuel, les filets adaptĂ©s et la prĂ©servation des auxiliaires sont souvent prĂ©fĂ©rables Ă  des pulvĂ©risations systĂ©matiques.

Les carences et les dĂ©sĂ©quilibres d’arrosage peuvent imiter une maladie. Un jaunissement uniforme n’a pas la mĂȘme signification qu’une mosaĂŻque irrĂ©guliĂšre ; des bords brĂ»lĂ©s peuvent ĂȘtre associĂ©s Ă  plusieurs causes, du manque d’eau Ă  une salinitĂ© excessive. Avant d’ajouter de l’engrais, observez les feuilles anciennes et les nouvelles, vĂ©rifiez le drainage et tenez compte des apports rĂ©cents. Un sol trop enrichi peut provoquer une croissance de feuillage abondante au dĂ©triment des fruits.

Le fumier et le compost amĂ©liorent parfois la structure et la fertilitĂ©, mais leur usage doit rester mesurĂ© et adaptĂ© au sol. Un amendement n’est pas un mĂ©dicament contre les maladies de la tomate. L’article consacrĂ© Ă  l’amendement des sols au fumier de cheval aide Ă  rĂ©flĂ©chir Ă  sa place dans la prĂ©paration du terrain, tandis que la qualitĂ© du compost et sa maturitĂ© restent dĂ©terminantes pour Ă©viter les apports inadaptĂ©s.

Un mini-protocole permet de trier les hypothÚses sans se précipiter :

  1. 📍 Localisez les premiers symptîmes : bas du plant, jeunes feuilles, tiges ou fruits.
  2. 👀 Examinez les deux faces des feuilles et cherchez poudre, duvet, insectes, miellat ou galeries.
  3. đŸŒŠïž Notez les conditions rĂ©centes : pluie, rosĂ©e, canicule, sĂ©cheresse ou arrosage abondant.
  4. 📾 Photographiez la plante entiĂšre et les lĂ©sions, puis recommencez quelques jours plus tard.
  5. đŸ§Œ Isolez les outils utilisĂ©s sur un plant suspect et Ă©vitez de manipuler successivement des plants sains et atteints.

Une photo utile n’est pas forcĂ©ment spectaculaire : une sĂ©rie de vues nettes prises Ă  quelques jours d’intervalle permet souvent de repĂ©rer la direction de progression. Quand la forme des dĂ©gĂąts, leur emplacement et la prĂ©sence Ă©ventuelle d’insectes concordent, le diagnostic gagne en prĂ©cision.

Quel traitement des maladies de la tomate privilégier au potager ?

Le meilleur traitement commence souvent avant l’apparition des premiers symptĂŽmes. Espacez les plants selon leur vigueur, palissez-les pour Ă©viter que les feuilles traĂźnent au sol et arrosez au pied, de prĂ©fĂ©rence le matin. Un feuillage qui sĂšche vite offre moins de temps aux agents pathogĂšnes associĂ©s Ă  l’humiditĂ©. La taille doit rester mesurĂ©e : retirer quelques feuilles qui touchent le sol amĂ©liore l’aĂ©ration, tandis qu’un effeuillage excessif prive la plante d’une partie de sa capacitĂ© Ă  nourrir les fruits.

La rotation des cultures limite l’accumulation de certains agents pathogĂšnes dans les rĂ©sidus et le sol. Évitez de cultiver des tomates ou d’autres plantes apparentĂ©es au mĂȘme emplacement annĂ©e aprĂšs annĂ©e, surtout si une maladie a marquĂ© la parcelle. AprĂšs la rĂ©colte, ramassez les feuilles et fruits atteints ; ne conservez pas des plants malades en tas au pied du potager. Des variĂ©tĂ©s tolĂ©rantes peuvent aussi rĂ©duire les risques, mais « rĂ©sistant » ne signifie jamais invulnĂ©rable Ă  toutes les maladies ni Ă  toutes les conditions.

Une routine hebdomadaire fait une diffĂ©rence concrĂšte. Le mardi, par exemple, un jardinier peut inspecter les feuilles basses, regarder sous les pousses et vĂ©rifier l’humiditĂ© du sol avant d’arroser. AprĂšs un orage chaud, un contrĂŽle supplĂ©mentaire permet de repĂ©rer rapidement une tache suspecte. Ce rythme Ă©vite deux erreurs classiques : dĂ©couvrir trop tard une progression rapide ou traiter Ă  rĂ©pĂ©tition un symptĂŽme qui provenait simplement d’un stress hydrique.

Pour les outils, retirez d’abord les dĂ©bris, puis nettoyez-les et dĂ©sinfectez-les avec une mĂ©thode appropriĂ©e. Cette prĂ©caution est particuliĂšrement importante aprĂšs la coupe d’un plant suspect ou la manipulation de feuillage prĂ©sentant une mosaĂŻque. Ne touchez pas une plante malade puis les jeunes pousses saines avec les mĂȘmes mains non lavĂ©es : certains virus se transmettent facilement par contact, mĂȘme lorsqu’aucune spore n’est visible.

Les auxiliaires apportent une aide rĂ©elle contre plusieurs ravageurs. Coccinelles, larves de syrphes et chrysopes consomment des pucerons ; certains acariens prĂ©dateurs limitent les acariens nuisibles. Favoriser une diversitĂ© vĂ©gĂ©tale et Ă©viter les traitements non sĂ©lectifs protĂšge ces alliĂ©s. Pour les infestations importantes, les solutions biologiques ou conventionnelles doivent ĂȘtre choisies en fonction du ravageur identifiĂ© et des usages autorisĂ©s. Respectez les doses, les dĂ©lais avant rĂ©colte et les prĂ©cautions indiquĂ©es par le fabricant.

Les prĂ©parations maison ne sont pas automatiquement inoffensives. Une concentration trop forte peut brĂ»ler le feuillage, et une recette utile dans une situation peut ĂȘtre sans effet dans une autre. Le soufre, le cuivre ou les produits biologiques ne s’emploient pas au petit bonheur : vĂ©rifiez leur autorisation pour l’usage envisagĂ©, les conditions mĂ©tĂ©orologiques recommandĂ©es et les Ă©ventuelles incompatibilitĂ©s. En culture professionnelle comme au potager, le choix doit reposer sur le diagnostic et non sur la popularitĂ© d’un remĂšde.

Le calendrier de plantation compte Ă©galement : installer les plants au bon moment, selon la rĂ©gion et les risques de froid, Ă©vite de soumettre de jeunes tomates Ă  un stress inutile. Un calendrier de plantation du potager peut aider Ă  organiser les semis et les repiquages, Ă  adapter les dates au climat local et Ă  planifier la rotation. La prĂ©vention n’a rien de spectaculaire, mais c’est elle qui rĂ©duit le nombre d’urgences en plein Ă©tĂ©.

Si des symptĂŽmes inhabituels se multiplient, documentez-les avec des photos, notez les dates et demandez un avis technique plutĂŽt que d’alterner les produits au hasard. Une dĂ©marche simple — identifier, corriger les conditions de culture, surveiller et intervenir seulement si nĂ©cessaire — protĂšge Ă  la fois la rĂ©colte, les auxiliaires et le sol.

Comment diffĂ©rencier le mildiou de l’alternariose sur une photo ?

Le mildiou forme plutĂŽt des plages irrĂ©guliĂšres, parfois huileuses, avec un duvet clair au revers en pĂ©riode humide. L’alternariose prĂ©sente plus souvent des taches brunes Ă  cercles concentriques, d’abord sur les feuilles basses. La mĂ©tĂ©o et l’évolution du plant complĂštent l’observation.

La pourriture apicale est-elle contagieuse ?

Non. La pourriture apicale est un trouble physiologique liĂ© notamment Ă  une alimentation irrĂ©guliĂšre en eau et au transport du calcium vers le fruit. Stabiliser l’arrosage et pailler le sol aide Ă  prĂ©venir l’apparition de nouvelles lĂ©sions.

Que faire si les feuilles de tomate sont enroulées ?

VĂ©rifiez la chaleur, l’humiditĂ© du sol, les apports d’engrais et la prĂ©sence de pucerons ou d’aleurodes. Un enroulement de feuilles vertes pendant une pĂ©riode chaude peut ĂȘtre une rĂ©action au stress ; des dĂ©formations accompagnĂ©es de mosaĂŻques ou d’un port anormal nĂ©cessitent davantage de prudence.

Faut-il traiter dùs l’apparition de la premiùre tache ?

Pas automatiquement. Photographiez le symptĂŽme, examinez le revers de la feuille et vĂ©rifiez si les marques progressent. Retirez les parties nettement atteintes si nĂ©cessaire, amĂ©liorez l’aĂ©ration et n’utilisez un produit que si son usage est autorisĂ© et adaptĂ© au problĂšme identifiĂ©.

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